5 minutes par étudiants pour évaluer des compétences en fin de cycle !

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5 minutes par joueur  c’est le temps que j’ai pour évaluer les compétences de mes  de joueurs à l’université  si je choisis de valider les compétences à la fin de mon cycle d’enseignement ! 

Dans ces 5 minutes, il faut que j’apprécie la qualité du jeu fort, du jeu placé, du service, la qualité de la défense, …si j’ai la chance que les comportements à observer se produisent de manière à ce que je puisse les évaluer ! Dans une période de   5 minutes, si j’ai de la chance, entre les fautes directes du joueur, celles de l’adversaire, le joueur observé arrive à marquer 4 points en point gagnant : 1 sur Smash, 1 ace, 1 amorti, 1 block…je valide quoi avec ces indices ?

Il est admis qu’un élève est compétent lorsque la  compétence se manifeste 2 fois dans la réalisation de  3 situations voisines. Situations voisines où je peux repérer l’ensemble des critères caractérisant la compétence. Qu’en est-il chez moi ?  5 minutes par élève , 3 situations voisines, cela se passe de commentaires ! Impossible.

L’évaluation se produit par ailleurs le jour J, en réalité les 5 minutes M. Si l’étudiant rate son évaluation il est jugé peu compétent. Il a beau avoir réussi dans le cycle, peu importe, c’est le jour J qu’il faut être là ! 5 minutes pour réinvestir les acquis d’un cycle de 30h d’enseignement !

Une partie de mes étudiants, quoique sportifs pour la plupart, ne sont pas des joueurs de badminton et ne jouent jamais en tournoi. En quoi les ai-je préparés à être « au top » pendant les 5 minutes où je les observe…avec une pression importante puisqu’ils jouent dans ces 5 minutes une grosse partie de leur note.

Sans parler du caractère très aléatoires des rencontres en activités duelles.

Devant la difficulté liée à la faisabilité de l’évaluation, la solution « 5 minutes » consiste à hiérarchiser les élèves. Alors là, c’est facile de noter des joueurs, je regarde le meilleur, le place à 17, je regarde le moins bon, lui met 6, je prends en compte l’écart au score entre les joueurs et je les hiérarchise pour que ma moyenne soit à 10 ! J’ai noté mais je n’ai pas évalué des compétences. J’ai renforcé  la constante macabre qui consiste à répartir les élèves dans l’évaluation selon une courbe de Gauss quelque soit finalement le niveau de compétence de la classe.   

Devant cette difficulté à noter, certains enseignants me disent  que la note est de toute façon déjà mise le jour de l’évaluation….mais surtout on ne le dit pas à l’élève. On est dans l’hypocrisie la plus totale. Pourquoi ne pas rendre le processus plus transparent et évaluer progressivement au cours du cycle ?

Je me demande comment font les collègues en établissement scolaire avec plus d’élèves que moi, moins disciplinés, parfois avec moins de temps , sans être forcément spécialiste de l’APSA ?

Franchement, je crois qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond…Que nos habitudes d’évaluation ne sont pas compatibles avec une démarche de validation des compétences !

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17 réflexions au sujet de « 5 minutes par étudiants pour évaluer des compétences en fin de cycle ! »

    NAMPLI a dit:
    janvier 9, 2014 à 9:41

    J’ai envie de dire que la note est parfois dans ma tête à la 1ère séance dans le 93 tellement ils sont investis 😉

    NAMPLI a dit:
    janvier 9, 2014 à 9:48

    Evaluer les élèves en boxe au brevet c’est comique!!

      jcweckerle a dit:
      janvier 10, 2014 à 4:09

      Comment fais-tu ?

        NAMPLI a dit:
        janvier 11, 2014 à 11:23

        Oh ben maintenant je suis planqué , j’ai 9h de foot et deux classes de 6èmes 🙂 ; Non mais concrètement, évaluer l’arbitrage, le rôle de juge, les enchaînements demandés au niveau 2, c’était impossible avec mes élèves car il faut avant tout que cela « tourne » et ça c’est déjà pas gagné! Il y a toujours une engueulade à gérer car le juge n’a pas vu ceci ou cela, un tireur qui a pris un coup…Donc jamais le temps de voir tout le monde dans les rôles sociaux donc le plus souvent je me reposais sur le rôle de boxeur et si les feuilles d’assauts étaient bien remplies et que je voyais que les gamins jouaient leurs rôles même sans être efficaces ben c’était cadeau… Evidement j’essayais de regarder tout cela avant l’évaluation sommative de fin de cycle mais dans la mesure où il faut du temps pour apprendre cela c’est donc compliqué quand même!! L’évaluation en cours de cycle de certains éléments de la compétence est quand même la solution évidente quand cela tourne avec le public. Si nous prenons par l’exemple l’escalade, quand les élèves ont obtenu leurs permis d’assurer, ils ont déjà une bonne partie de la note en N1. En TT, je regarde s’il y a une intention de mettre en difficulté dès que j’ai travaillé cela car je sais qu’avec mes séances d’une heure c’est impossible de tout voir même sur deux séances d’évaluation.

    FORTIS Jean-Luc a dit:
    janvier 10, 2014 à 9:48

    Aucun doute, c’est une réelle bonne idée de créer des grilles de compétences ! Ne faudrait-il pas élargir ces manières d’évaluer à l’ensemble des matières : maths, français etc…

      jcweckerle a dit:
      janvier 10, 2014 à 4:09

      C’est sûr mais il y a des réticences !

    renaud a dit:
    janvier 10, 2014 à 12:25

    je confirme! en établissement et en étant enseignant stagiaire, évaluer le badminton ne peut pas se faire sur 1 séance pour moi… je ne suis pas compétent pour cela!
    Du coup je les observe à chaque séance pour ce qui est de l’acquisition des compétences lors des matchs ou matchs à thème…
    mais bon ce problème existe à beaucoup d’endroit comme en musculation quand il faut juger de 4 à 5 critères de réalisation pour tous les élèves pour le bac et en lycée pro donc en étant tout seul (pas de co-évaluation)…
    l’évaluation des compétences en cours de cycle pourrait être une solution à mon avis!

      jcweckerle a dit:
      janvier 10, 2014 à 4:10

      Les élèves sont au courant que tu les notes lorsque tu les observes en cours de cycle ?

    Aloïs a dit:
    janvier 10, 2014 à 3:22

    Je crois que l’on est nombreux à le penser… Une culture de l’évaluation à faire évoluer dans l’EN de manière globale. Que ce soit pour les enseignants 50′ tous les 7 ans, les étudiants, les lycéens, collégiens… La dernière fois que j’avais tenu ce discours en réunion d’équipe lors d’une inspection je n’ai pas eu de félicitations pour ce commentaire… 38 élèves en Bad pour le Bac. 5 terrains, 1h30 effective à co évaluer… Je ne suis pas compétent!

    Aloïs a dit:
    janvier 10, 2014 à 6:11

    Je crois que nous évaluons tous nos élèves au fil du cycle, de façon plus ou moins formelle. Dans le cas présent nous parlons d’évaluation sommative. A ce propos il y a de nombreuses questions qui peuvent se poser…
    Comment évaluer? A l’aide de fiche de compétence? A condition que la fiche soit explicite pour l’élève et monsieur tout le monde sans quoi elle perd son intérêt à mes yeux. J’ai quelques réserves à ce sujet dans les activités d’opposition!
    Quand évaluer? Au fil des acquisitions et du cycle? Certainement à l’exclusion de l’évaluation au bac! L’évaluation à une échéance donnée ressemble à une performance sportive mais ressemble peut à l’exercice professionnel de la plus part des gens… En tant que prof quand me demande t’on de faire étalage de toute mes compétences en temps contraint? Peu-être lors d’une inspection!! Derrière la notion d’examen ponctuel il ne faut pas perdre de vue la dimension égalitaire, symbolique qui sont des valeurs suffisamment forte pour que notre ministère se refuse à ce jour une suppression de l’examen du bac pour une solution tout CCF beaucoup moins coûteuse.
    Qui évalue (évaluation sommative)? Dans l’idéal un enseignant extérieur! Pour moi ce serai un gain dans la relation prof élève. Le statut de l’erreur, les éventuelles difficultés de compréhension n’ont pas besoin d’être dissimulées si celui qui « m’entraîne » n’est plus celui qui « me sélectionne ». L’enseignant comme ressource prend plus facilement du sens.
    En aparté évaluons nous des compétences au bac? Lorsque nous devons harmoniser nos notes pour réduire un éventuel écart garçons/fille? Lorsqu’il faut relever ou diminuer les notes d’une activités qui s’écartent de manière suspicieuse de la moyenne souhaitée? Ne sommes nous pas priés de revoir nos notes si elles ne sont pas conformes?

      NAMPLI a dit:
      janvier 11, 2014 à 11:29

      J’élargis un peu la question mais je me pose aussi souvent la question du contexte de l’évaluation dans les activités d’opposition. Comment évaluer le service placé et le jeu placé en TT par exemple ? Simple match ou quelque choe d’orienté : bonif pour un service gagnant, joueur adverse assis sur une chaise? Qui dit que le gamin ferait en situation globale ce qu’il en situation orientée?

        jcweckerle a dit:
        janvier 11, 2014 à 11:39

        Personnellement je suis favorable à une situation orientée. Une chose est sûr c’est que si le comportement n’apparaît en situation orientée, il n’apparaîtra pas non plus en situation Globale.

    jcweckerle a dit:
    janvier 11, 2014 à 9:09

    « Quand évaluer? Au fil des acquisitions et du cycle? Certainement! » C’est loin d’être évident en regard des pratiques évaluatives actuelles. La dérive de cette évaluation permanente c’est d’évaluer tout, et tout le temps. Un compromis à trouver ?

    Aloïs a dit:
    janvier 11, 2014 à 9:27

    Encore une fois les situations sont très variables en fonction des activités. En musculation j’ai évalué une grande partie du « réalisé » en cours de cycle. La propreté du trajet, placement de la respiration sont impératifs pour moi avant de charger une barre. En escalade je n’aime pas évaluer les élèves en tête a un instant T. C’est eux qui sollicitent leur évaluation. Plus ils commencent tôt dans le cycle plus ils ont d’occasions d’être évalués. Une fois de plus lorsque qu’il y a opposition, en sport co par exemple je n’ai pas trouvé de solutions pour évaluer à des moments précis sur des situations précises en cours de cycle!

    Vincent L a dit:
    janvier 11, 2014 à 9:28

    Dans le cadre de cette démarche, je m’aperçois que je ne suis pas en mesure d’aborder chacun des points précis définis (en termes de connaissances, capacités et attitudes), par exemple, dans le texte de niveau 3 pour la classe de seconde dans l’activité natation.
    Ainsi, il m’est impératif de faire des choix.
    Dans un souci d’honnêteté avec les élèves et moi même, je cherche donc à évaluer la durée et la récurrence des moments où j’essaie de développer telle ou telle compétence avec la classe. Cela me permet d’avoir un retour critique sur ce que j’ai pu proposer aux élèves, avec en toile de fond l’expertise développée par chacun.

    Je m’explique :
    En début d’année et de cycle, je pose un cadre de travail avec la classe. Ainsi, chaque élève sait que pour chaque exercice / thématique de travail, il y aura deux ou trois niveaux d’exigence. Ils savent également que je répertorie la place de chacun dans les différentes situations de travail.

    Ainsi, un tableau fait le bilan de ce que j’ai cherché à travailler dans chacune des séances au cours du cycle, me permettant de fixer ce que j’estime être le niveau minimum à avoir atteint dans les différentes thématiques de travail.
    En parallèle, la récurrence des moments passés dans le niveau 1, 2 ou 3 d’exigence me permet de déterminer l’expertise développée par chaque élève.
    Ce cadre n’est pas rigide dans le sens où il m’arrive de réduire à 2 le nombre de niveaux d’exigence, supprimant le 1 ou le 3.
    Les élèves savent donc en gros où ils en sont en termes de niveau, et donc de note, le tableau leur étant présenté toutes les 2 ou 3 séances. Au fur et à mesure, les élèves intègrent le fait qu’être placé dans le groupe 1, 2 ou 3 relate d’un niveau atteint, et donc d’une note.

    Au final, cette évaluation au long cours amène une note / 15 points, et l’évaluation finale permet d’affiner en apportant jusqu’à 5 points supplémentaires.

    Je m’aperçois que la plupart des élèves cherche à faire mieux à chaque séance, au lieu de se reposer sur un acquis qui ne sera évalué qu’en fin de cycle.

    J’espère avoir été à peu près clair… dans ma démonstration d’un procédé qui me semble plus juste car plus explicite pour les élèves.

      jcweckerle a dit:
      janvier 11, 2014 à 11:36

      Merci Vincent pour ton commentaire.
      Je trouve ta démarche vraiment intéressante.
      Par contre comment construis-tu l’enchâssement des situations ?

    Vincent L a dit:
    janvier 11, 2014 à 9:39

    J’apporte une précision en ajoutant que les phases de travail sont déterminées à partir de ce que j’ai pu observer en phase de match par exemple. L’idée étant d’identifier un niveau de compétence en situation « réelle », et de le travailler par la suite en situation plus ou moins complexe.

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