Expérimenter

L’élève apprend par essais-erreurs !! STOP !

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Dans les épreuves orales de fin d’année, les étudiants en formation pour devenir enseignant d’EPS sont amenés à proposer des situations d’apprentissage pour les élèves de différents niveaux de classe. Lorsque le jury leur demande comment les élèves apprennent dans les situations, les étudiants répondent souvent que les élèves apprennent par essais-erreurs.

Si les étudiants semblent pour la plupart convaincus que la mise en activité des élèves dans des situations  réfléchies et adaptées est source d’apprentissage pour les élèves, ils présentent  cependant  l’apprentissage des élèves au sein de ces situations comme étant le fruit du hasard. Au fil du déroulement de la situation les élèves sont à la « merci des circonstances » (DEWEY 1916) et acquièrent donc des connaissances de manière tout à fait aléatoire en subissant, en quelque sorte, les évolutions de la situation. L’élève est en situation mais  son attitude est au final relativement passive puisqu’il subit la situation. Cette approche de l’apprentissage qui valorise un élève confronté à une  situation, où son expérience se développe au gré des circonstances, par essais erreurs, est en lien avec une conception empiriste de l’apprentissage.

Pour les étudiants, il s’agit de percevoir autrement l’activité des élèves dans une situation. Il faut distinguer l’expérience au gré de déroulement de la situation, de l’expérience en tant qu’expérimentation. « L’expérience n’est plus un simple résumé de ce qui a été fait plus au moins au hasard ; c’est un contrôle délibéré de ce qui est fait.  Lorsque l’action se transforme en une conséquence  de nos propres essais intentionnels, elle acquiert une signification rationnelle, éclairante et instructive » (DEWEY 1916). C’est un véritable travail d’enquête que doit mener l’élève pour pourvoir mettre en relation ses actions et les conséquences de ses actions. C’est en fait une relation un rapport entre deux ou plusieurs événements qu’il s’agit pour lui de construire. Ce travail réflexif doit permettre à l’élève d’accéder à des « principes d’efficacité » dont il testera la validité au fil de l’apprentissage. Le travail de l’enseignant est de soutenir cette démarche d’enquête en orientant l’activité réflexive de l’élève dans les directions les plus pertinentes. Le ciblage des critères de réussite, de réalisation, l’objectivation des ressentis participent à cette expérimentation et constituent des éléments à ne surtout pas négliger dans la présentation de la dynamique d’apprentissage. Une démarche de projet est finalement assez proche de cette activité d’enquête.

En dégageant des principes, des connaissances finalement, par une réflexion sur sa pratique, c’est une véritable théorisation de sa propre pratique  qui doit être opérée par l’élève. En même temps, cette théorisation doit être simultanément mise à l’épreuve des faits et des résultats obtenus. Comme si au cours d’un match de tennis (Roland Garros oblige) le joueur valide où invalide des connaissances sur le jeu de son adversaire en le testant de manière de plus en plus précise au fur et à mesure que les connaissances sur le jeu de l’adversaire se construisent.

Il ne suffit donc pas de mettre l’élève en situation et de laisser faire le hasard, mais bien de stimuler cette  activité,  en boucle entre l’action et la réflexion, pour construire des connaissances proprement utilisables.

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