Contraintes organisationnelles

Vers une autre économie de la formation…

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« Pour les organisations, une des principales difficultés de la FOAD est d’appréhender un nouveau mode de gestion : gestion du temps de travail des formateurs, gestion des heures d’apprentissage/enseignement sur lesquelles les financements sont fondés, gestion des flux d’apprenants, gestion de plannings individualisés… tout se complexifie, disent les acteurs. Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? Si l’on prend le temps de travail des formateurs, calculé seulement sur le temps de face à face avec les apprenants, voilà que la FOAD révèle que ce n’est peut-être pas le temps de parole ou d’exposé du formateur qui est la bonne variable pour valoriser un organisme de formation (en général, on évalue un organisme par le nombre d’heures d’enseignement dispensé, quelquefois même, par le nombre d’heures d’enseignement multipliées par le nombre d’élèves effectuées durant l’année…) et qu’il serait important de travailler sur les données qualité des situations d’apprentissage : ce nouveau mode de management des institutions de formation à partir de la FOAD est totalement à élaborer. » Véronique DUVEAU- PATUREAU 2004

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Le numérique : résistances au changement ou absence de reconnaissance du travail des enseignants ?

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 Voici quelques réflexions que j’ai entendu dans mon établissement et qui sont en partie significatives des résistances envers l’enseignement à distance et l’utilisation du numérique à l’université : 

«  L’ innovation pédagogique est bien trop souvent reliée à la réussite des étudiants, innover ne veut pas dire obligatoirement faire réussir », (ne rien faire non plus !!)

«  malheureusement bientôt nous ne verrons plus d’étudiants dans les salles mais tout se fera de manière virtuelle »,

« en produisant plus à la maison les étudiants peuvent tricher »,

« en mettant les cours en ligne avant le cours, les étudiants n’écoutent plus le cours »,

« en proposant des activités numériques en cours, c’est rapidement la foire ».

En fait le numérique engendre une forte résistance au changement. M DEVELAY 2001 identifie entre autres plusieurs raisons à cette résistance au changement face aux innovations pédagogiques chez les enseignants, remise en cause de routine d’enseignement, énergivore et source d’inquiétude, incertitude quant à l’efficacité, absence de reconnaissance de l’innovation, contradiction entre cohérence et co-errance.

Mais un autre problème se pose de manière simultannée.

Il s’agit de la prise en compte des heures de préparations et de suivi des travaux numériques. Ces derniers ne s’effectuant pas en présentiel, le travail est souvent mal reconnue par l’institution et n’incitent pas les enseignants à se lancer dans un travail basé sur le numérique. Pour compenser cette absence de prise en compte, l’université met à disposition des composantes un volant d’heures à destination du développement de l’enseignement numérique. La question est comment les attribuer ? selon quelles règles ? Il est probable que tant que cette question ne sera pas résolue, le numérique aura bien du mal à s’implanter.

Cette question est d’autant plus complexe qu’il existe différents modes d’intégration du numérique dans les cours

–          Formations à distance de manière complète

–          Formations à distance avec quelques semaines de cours en présentiel

–          Formations en présentiel avec des supports à distance.

–          Formations en présentiel.

Les formations en présentiel avec des supports à distance se regroupe  sous l’appellation de formations hybrides. La part de la formation à distance et de la formation en  présentiel est cependant assez fluctuante et l’UQAM définit plusieurs niveaux d’hybridation :

(https://sites.google.com/site/versluqambimodale/Home/la-formation-hybride) :

Juxtaposition : l’hybridation peut être simple (chaque composante est utilisée de façon indépendante), en série (les composantes se suivent selon un ordre spécifique) ou en parallèle (les composantes permettent de réaliser la même tâche).

Intégration : dans cette hybridation systémique, les composantes se soutiennent mutuellement et se renvoient l’une à l’autre.

Collaboration : dans l’hybridation assistée, les composantes sont complétées par du tutorat, du coaching ou du mentorat, ainsi que des activités collaboratives.  Elle se caractérise par l’émergence de communautés de pratiques.

Expansion : dans l’hybridation implantée, le système inclut des ressources sur les lieux de travail, des médias électroniques, le Web et des équipements mobiles.  Le transfert des apprentissages s’en trouve facilité.

Devant la diversité des formules, des modes spécifiques de prise en compte du travail des enseignants doivent sans doute être pensés.

La logique des crédits ECTS

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Voici un résumé de la logique de crédits présenté par la faculté de Genève :

Un crédit ECTS équivaut à 25-30 heures d’apprentissage pour un étudiant-e. Ceci inclut les    heures de contact avec l’enseignant-e en classe. On envisage généralement une proportion de 1/3 d’heures de contact en classe et de 2/3 d’heures de travail hors de la classe pour déterminer la charge de travail des étudiant-e-s dans les disciplines qui ne comportent pas de travaux de laboratoire ou de séances de TP.

La proportion entre heures de contact en classe et heures de travail hors de la classe varie selon les disciplines. Dans certains cas, des activités de laboratoire, de séminaire ou de TP sont prévues  dans le cadre d’un enseignement pour permettre aux étudiant-e-s de mettre en pratique ce qui a  été appris dans le cadre des portions de cours ex cathedra. Il faudra donc tenir compte de ces  heures dans la détermination de la charge de travail des étudiant-e-s.

Une année d’études à temps complet correspond généralement à 60 crédits ECTS. En ce sens, il est raisonnable d’envisager entre 1’500 et 1’800 heures d’apprentissage pour les étudiant-e-s, dont au minimum le tiers pourrait impliquer une présence en classe. Si l’on tient compte du fait qu’une année académique comporte en moyenne 40 semaines, ceci impliquerait qu’il est normal d’attendre d’un-e étudiant-e moyen-ne qu’il/elle travaille entre 37 et 45 heures (environ 42 heures) par semaine à ses études. Ceci comprend bien entendu les heures de contact en classe et les heures de travail individuel.